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Article sur les valeurs de la  République proposé par :
Noël PHILIPPE.

« Héritage du siècle des Lumières, la devise  » Liberté, Egalité, Fraternité «  est invoquée pour la première fois lors de la Révolution française. Pourtant, nous pourrions retracer les racines de notre devise républicaine avant la révolution française à travers des extraits de Fénelon, Voltaire et Rousseau, revenir sur ses tribulations pendant la Révolution française où la fraternité n’apparaît qu’après la Terreur, pour enfin arriver en 1848 où la devise devient celle du peuple français.

Le trinôme républicain sera de nouveau occulté jusqu’en 1871 et la IIIème République décrète son inscription sur les édifices publics en 1879.
Remplacée par un « Travail, Famille, Patrie » de sinistre mémoire et nettement moins exaltant et fédérateur par le régime de Vichy, le Général de Gaulle la revendique pour la France Libre dès 1941 et elle sera finalement intégrée aux constitutions de la IVème et V République en 1946 et 1958. La devise est inscrite sur le fronton des édifices publics à l’occasion de la célébration du 14 juillet 1880 et fait aujourd’hui partie intégrante de notre patrimoine national. Elle prend une dimension toute particulière en cette période où nombreux sont ceux qui vont vouloir servir et incarner une partie importante de nos institutions.

V. Hugo, dans « le droit et la loi », nous éclaire sur le sens de cette devise :
« La formule républicaine a su admirablement ce qu’elle disait et ce qu’elle faisait ; la gradation de l’axiome social est irréprochable. Liberté, Égalité, Fraternité. Rien à ajouter. Rien à retrancher. Ce sont les trois marches du perron suprême. La liberté c’est le droit, l’égalité, c’est le fait, la fraternité, c’est le devoir. Tout l’homme est là.»

Droit, Fait, Devoir, cela traduit les valeurs de nos institutions, les devoirs de ceux qui incarnent et servent nos institutions, et les actes qui traduiront leur respect envers nos institutions au travers de la manière de les servir.

L’actualité fait écho à tout cela, même si bien entendu les débats ne portent pas directement sur ces questions de fond et que les medias habillent subtilement ou bien involontairement d’une dimension politicienne. J’ai dit politicienne, et non politique.
Chacun voudra bien se référer aux racines du terme « politique » que l’on pourrait résumer ainsi : « relatif à l’organisation du pouvoir dans l’État, à son exercice, aux institutions politiques ».
Ainsi, la politique en philosophie est une notion centrale. Elle provient du grec “polis”, la Cité, et “techné”, la Science : la politique se définit donc comme une science du gouvernement de la cité.
Comme science théorique, la politique est la science de l’idéal ou de la doctrine à partir desquels le gouvernement (par analogie le conseil municipal ou plus exactement le maire et ses adjoints) doit régler son action.

Notre histoire est riche d’hommes qui ont marqué de leurs empreintes l’évolution de nos institutions, qui ont su mieux que quiconque les incarner avec intelligence, dévouement et abnégation, comme en témoigne régulièrement notre volonté de recours à l’homme providentiel.

Nos institutions sont donc le reflet des hommes qui les servent, et plus généralement de la société. Or nous assistons impuissants à un phénomène de désinstitutionnalisation. Si on reprend le modèle classique, on avait des institutions (par exemple la famille) qui incarnaient des valeurs. Dans la société moderne, l’institution n’exprime plus les valeurs qu’elle est sensé incarner. Les valeurs sont en fait attaquées sur tous les fronts. Elles ont perdu de leur force, leur essence et leur identification aux valeurs : elles sont devenues de simples organisations.

Il nous faut donc trouver des acteurs de la vie publique, ceux qui précisément vont incarner nos institutions, capables et soucieux de redonner du sens à nos institutions, à nos valeurs, à notre devise républicaine, donnant ainsi du sens au quotidien du citoyen.

Des hommes et/ou des femmes capables d’anticiper et d’accompagner le changement social, même si celui-ci est avant tout et surtout un phénomène collectif qui affecte toute la société au niveau des conditions de vie, implique un changement de structure, d’organisation.
Des hommes et des femmes ayant le sens du service public non pas comme simple apparat du pouvoir, mais comme valeur, comme pilier de la responsabilité collective, et surtout comme étendard de leur propre Responsabilité.

Il est utile de rappeler que pour Hobbes : “La seule façon d’ériger un pouvoir commun, c’est de confier le pouvoir et la force à un seul homme, ou à une assemblée, qui puisse réduire toutes leurs volontés, par la règle de la majorité, en une seule volonté. Cela revient à dire : désigner un homme ou une assemblée, pour assumer la personnalité du peuple ; et que chacun s’avoue et se reconnaisse comme l’auteur de tout ce qu’aura fait ou fait faire, quant aux choses qui concernent la paix et la sécurité commune, celui qui a ainsi assumé leur personnalité, et que chacun, par conséquent, soumette sa volonté et son jugement à la volonté et au jugement de cet homme ou de cette assemblée. La multitude, ainsi unie en une seule personne, est ainsi appelée République. ».

Cela illustre la responsabilité de ces hommes et ces femmes qui,au lendemain du scrutin, au-delà du fait de nous représenter et d’assumer notre personnalité, vont incarner une de nos plus vieilles institutions. Pour cela, ils se doivent d’être responsables, exemplaires, irréprochables et même vertueux. Et c’est parce que notre responsabilité ne peut être qu’individuelle, personnelle que le groupe ne saurait dédouaner aucun de ses membres de la responsabilité qu’il y a prise (André Comte-Sponville).
Ils n’en mériteront que plus notre respect, notre admiration et notre gratitude.

Victor Hugo, le 2 mars 1848, lors d’une telle cérémonie, déclarait: « […] C’est un beau et vrai symbole pour la liberté qu’un arbre ! La liberté a ses racines dans le cœur du peuple, comme l’arbre dans le cœur de la terre ; comme l’arbre elle élève et déploie ses rameaux dans le ciel ; comme l’arbre, elle grandit sans cesse et couvre les générations de son ombre. »
Gageons qu’il y ait dans quelques jours de nombreux arbres qui seront plantés. »

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